Chances d’avoir des jumeaux : calcul et facteurs influençant la gémellité

Une grossesse sur 85 aboutit à une naissance gémellaire spontanée, mais ce ratio varie fortement selon les origines ethniques, l’âge maternel ou les antécédents familiaux. En Afrique centrale, le taux de gémellité peut atteindre 1 naissance sur 22, tandis qu’en Asie il tombe à moins de 1 sur 200.L’utilisation des traitements de fertilité a fait bondir la fréquence des grossesses gémellaires dans de nombreux pays depuis les années 1980. Pourtant, certaines familles multiplient les cas de jumeaux sans aucune intervention médicale, tandis que d’autres n’en connaissent jamais.

Pourquoi certaines familles accueillent-elles plus souvent des jumeaux ?

À l’échelle génétique, les chances d’avoir des jumeaux n’obéissent pas à la seule loterie de la vie. Il existe deux scenarii nets : les jumeaux monozygotes, issus d’un ovule qui se divise après la fécondation, et les jumeaux dizygotes, nés de deux ovules fécondés en même temps. Si les monozygotes maintiennent partout la même fréquence, autour de 0,4 %, peu importe l’ascendance ou les antécédents familiaux, ce n’est pas le cas des dizygotes, pour lesquels tout se complique.

Dans le cas des jumeaux dizygotes, l’histoire de famille, et plus précisément la lignée féminine, a son mot à dire. Si une mère ou une sœur a déjà eu des jumeaux non identiques, la probabilité grimpe. Cette tendance découle d’une capacité à l’hyperovulation : certaines femmes libèrent spontanément plus d’un ovule par cycle. Petite précision, seule la transmission maternelle compte ici.

La transmission générationnelle de la gémellité, validée par les grandes études et les généalogies, n’est pas un mythe. Ce phénomène circule du côté maternel dans certaines familles, imposant sa logique biologique d’une génération à l’autre. Autrement dit, la répétition de naissances gémellaires côté mère ne tient pas du simple hasard.

L’origine ethnique et le contexte géographique interviennent aussi : le Nigeria arrive en tête des naissances multiples, alors que le phénomène reste rarissime en Asie de l’Est. Pour estimer ses chances d’avoir des jumeaux, il faut donc mélanger hérédité, antécédents et origine.

Les principaux facteurs qui influencent la gémellité

Pour chaque grossesse gémellaire, plusieurs paramètres entrent en jeu et modifient les probabilités d’attendre des jumeaux. Premier levier, la façon dont fonctionne l’ovulation : chez certaines femmes, libérer deux ovules dans un même cycle devient naturel, ce qui rend la naissance de jumeaux dizygotes plus probable, particulièrement en présence d’une prédisposition familiale.

L’âge maternel compte également. Passé 35 ans, la hausse de la FSH, cette hormone qui stimule la croissance folliculaire, multiplie les ovulations et les chances de grossesses multiples. Le pic s’observe entre 35 et 39 ans.

Il existe un paramètre supplémentaire : la procréation médicalement assistée (PMA). La fécondation in vitro (FIV) modifie complètement les repères, car plusieurs embryons sont souvent implantés au cours du protocole, d’où une augmentation marquée des très nombreuses naissances de jumeaux constatées depuis l’arrivée de la PMA.

Ce panorama met en évidence les facteurs qui font changer la donne :

  • Antécédents familiaux du côté maternel : dans certaines lignées, cette prédisposition augmente visiblement les probabilités.
  • Origine ethnique : la fréquence exceptionnelle des jumeaux au Nigeria contraste avec la rareté du phénomène en Asie de l’Est.
  • Âge de la mère : la période la plus favorable se situe après 35 ans.
  • Recours à la PMA : stimulation hormonale et transferts multiples rendent les grossesses doubles plus fréquentes.

En croisant ces critères, on comprend pourquoi certaines femmes voient leurs chances de concevoir des jumeaux s’envoler alors que d’autres n’y sont presque jamais confrontées.

Calculer ses chances d’avoir des jumeaux : ce que disent les statistiques

Les chiffres, loin d’être uniformes, tracent de vraies différences selon les contextes. En France, sur 1 000 naissances vivantes, 16 concernent des jumeaux d’après les données officielles. Cette proportion reste stable, tout en variant nettement selon l’âge maternel ou les traitements pour stimuler la fertilité.

Le taux de jumeaux monozygotes ne change pas : il plafonne autour de 0,4 % par grossesse, indépendamment des origines ou des histoires familiales. Pour les jumeaux dizygotes, tout dépend de la génétique et du contexte. Ainsi, le Nigeria affiche près de 40 jumeaux dizygotes pour 1 000 naissances, un record mondial qui reste loin devant la moyenne française.

Voici les statistiques les plus parlantes pour situer ses propres repères :

  • Grossesses multiples : actuellement en France, elles représentent 1,6 % de toutes les naissances et, dans l’immense majorité des cas, il s’agit de jumeaux.
  • PMA et FIV : après une fécondation in vitro, jusqu’à 20 % des grossesses aboutissent à des jumeaux, voire plus.

La méthode de calcul prend donc en compte l’âge de la mère, les antécédents du côté maternel et un éventuel recours à une assistance à la conception. Si la recherche affine sans cesse ces estimations, le facteur de l’inattendu demeure à chaque début de grossesse.

Médecin expliquant des statistiques de grossesse à un couple

Vos expériences et questions sur la naissance de jumeaux

L’arrivée annoncée de jumeaux bouleverse souvent les attentes, suscite surprise, débats et beaucoup d’interrogations sur la gémellité elle-même. Différencier les jumeaux monozygotes, identiques et issus d’une même cellule œuf, des dizygotes, nés de deux ovules, devient rapidement un centre d’intérêt dans de nombreuses familles.

Pour Nancy L. Segal, grande référence dans le champ des études sur la gémellité, chaque arbre généalogique cache ses propres énigmes. La présence de précédents dans une famille n’entraîne pas forcément qu’ils ressurgiront chez chaque génération : seuls les jumeaux dizygotes se transmettent, et la logique héréditaire s’arrête là où commence le mystère de la biologie.

Ceux qui vivent l’éducation de jumeaux parlent tour à tour de ressemblances à s’y méprendre, d’une complicité unique ou des ajustements du quotidien qu’impose la naissance de multiples. Le suivi médical rapproché et l’interrogation sur l’épanouissement individuel des jumeaux monozygotes alimentent les discussions dans les familles et avec les professionnels.

L’avis de l’agence Science : chaque naissance de jumeaux, monozygotes ou dizygotes, contribue à enrichir la vision des spécialistes sur la diversité des mécanismes génétiques. Les échanges d’expérience entre parents et soignants façonnent, eux aussi, une meilleure compréhension de la gémellité et de sa richesse.

L’histoire des naissances gémellaires échappe toujours à toute ligne droite. Les statistiques cèdent parfois devant l’inattendu, et chaque famille trace, génération après génération, sa propre trajectoire au milieu des probabilités.

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